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Ecriveurs dans le Collectif des 12 Singes, nous sommes aussi photograffeurs de street-Art avec pour spécialités Montpellier (et sa région) ainsi que les graffitis à message écrit

 

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[voir notre 3è livre,

"Photograffi(ti)es d'Expressions Murales : Pierres Philosophales (Volume 1)"]

 

 

 

mur blanc Peuple bavard mais recouvertEn complément de cela, nous nous engageons dans la Défense et promotion du street-Art mad'in France

 

  
eGalerie pour avoir du street-Art chez soi

 

Bons plans prestations graffiques

 

LIVRE D'OR

{retours des street-Artistes pour modification/validation des articles avant mise en ligne}

 

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 13:59

 

 

État de l’Art du street-Art face à l’État

 

ou

 

Schizophrénie graffique municipale

 

 

 

IElieSerra

 

 

 

Comme beaucoup de villes, de France, de Navarre et d’ailleurs, Montpellier "joue" un double jeu : autant elle chasse impitoyablement les graffitis (de graphos, « fait de laisser une trace »), mettant dans le même sac les tags (« étiquette » en anglais, signature vite faite) et ce qu’il est convenu aujourd’hui d’appeler le street-Art (ou Art dans la rue en bon françois de Villers-Cotterêts), autant elle surfe sur la tendance de la reconnaissance de cet Art populaire en l’institutionnalisant dans le cadre de cérémonies officielles et autres évènements où la mairie a plus ou moins partie liée.

 

 

Ainsi, le staff (photo)graff du Collectif des 12 Singes vous adresse cette supplique pour défendre et promouvoir l’expression Artistique populaire car le graffiti embellit nos murs gris de suie.

 

Qu’on l’aime ou pas, le graffiti fait partie de nos vies de citadins/Citoyens depuis la plus haute antiquité (l’art rupestre, préhistorique, ne pouvant être considéré comme du graffiti car il s’agissait de peintures/sculptures dans un cadre culturel/institutionnel/cérémoniel/rituel/cultuel), voir les détails dans notre article Graffiti : Histoire d’une expression populaire.

 

Sans remonter aussi loin, en 2010 et 2011 la galerie / le magasin Montana fêtait les vingt ans de graffitis de Montpellier, sachant que la ville est la seule en France à avoir un représentant (hors distributeurs) de cette marque reconnue qu’est Montana Colors.

 

plan space invaders 99 montpellPreuve de l’attrait depuis longtemps pour les street-Artistes envers la ville, alors que Space Invader a « actionné le programme » en 1998 sur Paris, dès aout 1999 il envahissait Montpellier avec Zevs dans le cadre de leur collaboration @nonymous. Il est à noter que Montpellier est la seule ville où les envahisseurs ont été placés de manière à faire apparaitre un grand Space invader lorsqu’on les place sur le plan de la ville (cf. le site dédié à cette attaque). Space Invader a posé 44 mosaïques dans toute la ville.
Si quelques mosaïques ont été enlevées (notamment celle posée devant la préfecture) et d’autres détériorées en voulant être récupérées, il en reste encore une trentaine en plutôt bon état (certaines sont intactes comme à leur pose), même celles accessibles facilement. On a d’ailleurs vu sur certaines photos que des graffitis avaient été effacés tout autour par la police murale mais que les mosaïques n’avaient pas été touchées.

 

zevs choc de Vénus zatEn 2001, à l’occasion du festival de skateboard Attitude organisé à Grammont, Zevs, André et d’autres street-Artistes à présent internationalement connus et reconnus, ont exposé dans la Galerie Saint Ravy (salle d’exposition municipale, s’il était besoin de le rappeler, située en plein cœur de l’Écusson) puis graffé le skate-park. Zevs revint en 2010 sur Montpellier pour la première Zone Artistique Temporaire (organisée par la mairie), à Antigone : comme la statue de la Vénus d’Arles de la place Zeus avait été renversée quelques mois auparavant, Zevs s’est emparé de l’accident pour imaginer une intrigante mise en scène.
Au sol, décapitée, démembrée, la statue gît dans son ombre. Autour d’elle, des éclats rappellent le fracas de sa chute. Fluo luminescente, Vénus diffuse la nuit la lumière qu’elle a accumulé le jour. La déesse romaine de l’amour et la beauté, tombée de son piédestal, semble toujours vivante.

 

Parallèlement, alors qu’en 2001 dans le cadre de la Battle Of The Year (devenu un énorme festival international de danse hip-hop) il y avait des graffeurs renommés qui faisaient des fresques sur des panneaux et les éléments muraux de Grammont, dès l’édition suivante la Galerie Saint Ravy fut à nouveau mise à leur disposition pour exposition, et la mairie profita du passage de ces talentueux "peintres en bâtiment" internationaux pour rafraîchir et embellir le gymnase départemental du faubourg Boutonnet.

Force est de constater que la municipalité a dû trouver là un bon moyen de faire plaisir visuellement aux passants tout en dépensant très peu pour un ravalement de façade qui devenait de toute façon obligatoire vu l’état décrépi du crépi.

eyelostPreuve en est que l’édition de 2003 refit une beauté au gymnase Alain Achille ; en 2004 ce fut le tour d’un bâtiment du quartier Saint Martin ; en 2005 le gymnase Jean Ramel (quartier Figuerolles) ; en 2006 le vestiaire du Stade de la Mosson (histoire de motiver les sportifs à porter hautes les couleurs montpelliéraines, d’où les excellents résultats actuels) ; en 2007 l’autre face du gymnase Alain Achille.

À partir de 2008, les performances graffiques en direct se firent dans des espaces beaucoup plus grand public, avec huit artistes régionaux sur l’Esplanade Charles de Gaulle ; en 2009 avec une rencontre entre languedociens et californiens (LanguedoCalifornia II) sur la place du marché aux Fleurs pendant deux jours puis également sur deux jours sur la place de la Comédie, histoire qu’un maximum de gens en profite (et ce fut le cas : tout le monde s’est régalé).

 

 

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Même le redoutable moustachu Jonnystyle travailla graffiquement pour la mairie (peut-être au titre de Travaux d’Intérêts Généraux, à moins qu’il ne s’agisse d’une galéjade de sa part, du meilleur ton dans ce cas-là) au bon accueil des touristes et des estivaliers, avec respectivement des bâches leur souhaitant de bonnes vacances sur la route des plages et des affiches pour indiquer que le vin est toujours à consommer avec modération (si bon soit-il).

 

 

 

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Au-delà de ces aspects festifs/évènementiels, il est à noter qu’il y eut une vague de "peinturlurage" au milieu des années 2000 concernant les rideaux métalliques de devantures de nombreux magasins (plus d’une trentaine), du plus underground au plus chic (ici, Gum, pour une station de toilettage pour chiens, dont l’enseigne a déménagé depuis et les superbes graffs ont été enlevés alors que le lieu n’a pas été repris entre-temps). Les commerçants avaient bien saisi qu’il valait mieux prévenir les graffitis en commandant une fresque plutôt que de guérir sans cesse leurs "beaux" rideaux. En outre, globalement, une fresque graffiti commandée à un Artiste connu et reconnu dans le milieu permet de limiter un tant soit peu les tags.  

 

 

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Et que dire de cette fresque exécutée par un grand graffeur français sur le planétarium Galilée, sachant qu’Odysseum, cœur de l’Agglomération, projet novateur, est la réponse aux nouveaux enjeux de l’urbanisme commercial ? Le visage des centres commerciaux est aujourd’hui redessiné, modelant la vie urbaine en conjuguant ludique et commerce, complétant l’équipement commercial du centre-ville en renforçant sa diversité, son originalité et son attractivité.

La ville voulait repasser sur cette fresque, mais renseignements pris sur son auteur et sa notoriété, elle a décidé de commander son rafraîchissement/embellissement !

 

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Comme l’indique le magazine municipale Tip Top, depuis quatre ans, par le biais d’une convention de partenariat entre la ville de Montpellier et ERDF, les transformateurs électriques se refont une beauté. Alors qu’il s’agissait au départ de les repeindre à neuf, depuis 2011 s’est engagé une véritable opération Artistique, sous la tutelle d’un graffeur professionnel. L’objectif est de permettre à des jeunes issus des quartiers prioritaires de retrouver le chemin de l’emploi, en participant à ces chantiers de réhabilitation, cofinancés dans le cadre du Fonds Départemental d’Aide aux Jeunes ainsi que du Contrat Urbain de Cohésion Sociale.

 

 

 

IPPhoto069.jpgCette introduction faîtes, pour rentrer à présent dans le vif du sujet, nous ferons juste remarquer qu’un certain nombre de « jeunes cons/vandales » qui « salissaient » vos beaux murs gris il y a quelques années, sont pour certains devenus aujourd’hui de grands Artistes reconnus internationalement, qui exposent dans des galeries prestigieuses ou travaillent avec des marques qui savent reconnaître leurs talents. Comme vous célébrez graffiquement la Journée internationale (des Droits, toujours pas assez reconnus dans les faits) de la femme, nous nous contenterons de citer Koralie (ainsi que son mari Supa Kitch), à présent installée aux États-Unis, ainsi que Claire StreetArt qui marche très fort à la capitale. 

 

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Pour information, les bojos de Polar, ceux qui égayent les murs (ou les défrayent, vue la prolifération de ces personnages) de toute la ville, ont récemment remporté le concours national "Tag my Giant Bag" organisé par la marque de sac-à-dos américaine EastPak. 

 

 

Nous ne doutons pas que vous savez qu’un certain nombre de ces talentueux Artistes sont issus de la réputée École des Beaux-Arts ou de la tout autant fameuse École Supérieure des Métiers Artistiques. Ils utilisent donc la rue pour passer de la théorie à la pratique, pour le plus grand bonheur visuel des passants qui ne vont jamais au musée ou en galerie et qui en prennent donc plein les mirettes juste en allant chercher leur pain.

Quelque part, on pourrait même croire que les municipalités cherchent à former la nouvelle génération, puisque nous savons que des MJC ou centres aérés (CLSH ou CLAE) organisent des ateliers graffiques pour les plus jeunes.

 

 

Organisateurs de balades photograffiques depuis avril 2011, nous avons toujours plus d’une trentaine de personnes de toutes CSP (Catégories Socio-Professionnelles) et de tous âges. De même, lorsque nous nous baladons à titre personnel dans la rue pour photograffier, il y a souvent des gens qui nous demandent pourquoi nous photograffons une gouttière ou un pan de mur, et lorsque nous leur montrons le sujet de notre attention ils constatent la plupart du temps qu’effectivement c’est beau et nous indiquent où trouver d’autres pépites graffiques.

En somme, la tendance actuelle du street-Art est un phénomène social autant que sociétal d’ouverture à l’Art (comme en mai 68 lorsque l’Atelier Populaire des Beaux-Arts lança le mouvement en donnant la parole aux murs, dont la BNF fit une exposition), dont vous ne pouvez empêcher ni les spectateurs ni les acteurs d’être parties prenantes ! 

 

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Et nous savons que telle n’est pas votre démarche puisqu’à l’occasion de la Journée internationale de la femme Montpellier Agglomération symbolise son action avec un « happening » culturel consistant, tout au long de la journée sur le parvis de l’hôtel de l’Agglomération, à l’habillage par trois artistes peintres (deux femmes, dont l’illustratrice Lucie Firoud, et un pochoiriste) d’un mur symbolisant les inégalités hommes-femmes.

 

 

 

Quand nous parlions de schizophrénie en sous-titre de ce rapport de synthèse, c’est qu’en fait le problème est qu’il y a deux poids deux mesures : le street-Art comme élément de communication institutionnelle et le street-Art comme moyen d’expression populaire. Nous comprenons bien évidemment que vous ne pouvez pas, légalement et moralement, promouvoir des actes illégaux d’atteinte à l’intégrité (par le biais de la propreté) de bâtiments publics/privés, mais nous "demandons juste" une plus grande tolérance envers des œuvres street-Artistiques qui obtiennent l’agrément de vos conCitoyens. Pour information, lors d’une balade photograffique, une madame d’un certain âge (pour ne pas dire d’un âge certain, ah beh si, on vient de le dire) nous a indiqué qu’elle était fâchée car la police murale avait effacé un pochoir qu’elle qualifiait de « joli », sachant qu’il était graffé sur le mur de sa demeure, donc dans ce cas concret la police murale a enfreint la loi de la propriété privée telle que définie dans la Déclaration des Droits de l’humain et du Citoyen en date du 26 août 1789 (la Liberté de la propriété privée, le Droit de propriété étant proclamé « droit inviolable et sacré », art.17) ! 

 

 

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Sans vouloir jouer sur la corde sensible de la "concurrence" avec d’autres villes du pourtour méditerranéen héraultais (quoique si, si ça peut aider à faire bouger les lignes), nous signalerons juste qu’à notre humble avis la ville de Cette (ou Sète depuis 1927) a trouvé le bon compromis dans le cadre du festival K-Live, concept multidisciplinaire qui crée un pont entre Arts plastiques, Arts urbains, architecture éphémère et concerts de musiques actuelles. Ainsi, en accord avec la municipalité et les commerçants, de grands noms du street-Art (ici le doyen français, EpsylonPoint, qui a vécu et poché à Montpellier de 1978 à 1981) ont décoré la ville auparavant tristounette par bien des aspects (ce qui est encore un peu trop le cas, mais au moins la couleur redonne vie aux murs gris). De fait, Sète est devenue (en parallèle du MIAM, Musée International des Arts Modestes) un musée du street-Art à ciel ouvert, renforçant au-delà de Brassens et de l’étang de Thau son attractivité touristique !

 

Les gens ne viennent bien sûr pas à Montpellier pour ses Space Invaders, mais ils font partie de la visite de l’Écusson (ce que la municipalité et la police murale ont semble-t-il très bien compris, puisqu’encore une fois nombre de ces mosaïques seraient facilement "nettoyables" mais non, elles sont comme protégées étant donnée leur valeur Artistique intrinsèque).

 

 

Pour conclure, le fait d’avoir toléré les graffeurs dans le canal du Verdanson est déjà une bonne chose, même si cela peut être considéré sous le point de vue d’une certaine forme de ghettoïsation, dans le sens où l’on laisse les "jeunes" (un certain nombre ont plus de 25 ans) faire leurs graffitis, mais à l’écart des passants.

 

 

amJennifer-Redon.jpgNous pouvons tout à fait comprendre et même admettre que le graffiti ne plaise pas à tout le monde, mais concernant le street-Art sous ses formes les plus "acceptables", il serait temps de lui laisser plus de place dans l’espace public, comme cela sera encore fait à Celleneuve dans le cadre de la réalisation d’un collage gigantesque d’Al Sticking pour habiller/enjoliver les murs de béton lors de la Zone Artistique Temporaire d’avril. 

 

 

MPhoto010 (6)De par nos balades en ville à la chasse aux graffitis, nous avons bien vu que certaines œuvres restaient étonnamment longtemps, même celle-ci du Collectif des Cerveaux-Lents (qui a tenu six mois) alors qu’elle est tout de même pour le moins "violente" visuellement et sachant qu’elle était collée au mur d’une banque, sur le côté de la préfecture. Nous ne pouvons que remercier la police murale, soit pour son manque d’efficacité concernant toute l’ampleur du terrain à couvrir, soit pour son intérêt envers certaines œuvres, qu’elle tolère donc plus longtemps. 

 

 

Photo080Personne n’est à même de juger du "beau" comme du "bon" (le XXè siècle nous a malheureusement montré les dérives sectaires et criminelles que cela engendrait), mais ce serait fort urbain de votre part de laisser les œuvres street-Artistiques en place au moins deux semaines, le temps que les passants en profitent et que le réseau de photograffeurs que nous avons mis en place puisse les immortaliser pour ensuite les partager avec les amateurs, nombreux, de cet Art qui, nous vous l’accordons, reste (et doit rester) du "vandalisme" … considéré comme moyen d’expression et de décompression d’une société et d’habitants qui vivent des temps difficiles et incertains à l’aube du XXIè siècle et de ses nombreux bouleversements. Dans le cas présent, Loko a graffé des poubelles grises, ce qui dédramatise un peu les problématiques environnementales sur la gestion des déchets et peut donner plus envie de les trier (beaucoup de gens adorent, d’autres détestent, mais ces conteneurs ne laissent pas indifférents).

 

 

Peut-être aurons-nous l’occasion d’échanger nos points de vue à la suite de la conférence organisée par l'association des Amis du Musée Fabre, lundi 19 mars de 18h30 à 20h au café de l’Esplanade, sur "la place du street-Art dans l'Art contemporain", animée par le staff de Montana Shop.

 

 

MERCI de nous avoir lu jusqu’au bout, vous souhaitant bonne réception et compréhension de la présente synthèse sur l’état de l’Art du street-Art face à l’État (les institutions), nous vous souhaitons le meilleur dans votre engagement culturel … pour l’intérêt général bien compris !

 

 

 

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Staff (photo)graff du Collectif des 12 Singes, Collectif d’écriveurs autoédités qui cherche à véhiculer des informations sérieuses et surprenantes mais sur un ton décalé : vaste programme, mais nous tentons de tailler des shorts comme Coluche avec la gouaille de Desproges !

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